Everdell – La vie tranquille de bestioles à l’ombre de l’Arbre Eternel…

I – Présentation

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Source

Fiche descriptive
Nombre de joueurs : 1-4 joueurs
Durée : 20 min par joueur
Mécaniques : Placement d’ouvriers, construction de tableau, combo
02eca5ed9a079062f46c4a856368fdd1_originalAuteur : James A. Wilson
Illustrateur : Andrew Bosley
Editeur : Starling Games (II)

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Dans la charmante vallée de l’Arbre Éternel, sous les branches des arbres majestueux, parmi les ruisseaux sinueux et les creux moussus, la civilisation des créatures de la forêt prospère et se développe. Depuis que le célèbre aventurier  Corrin Queuesansfin a découvert le royaume  caché depuis longtemps, les citoyens ont prospéré à l’abri de l’Arbre Éternel.

De l’Arbre Éternel au Son de la Cloche, plusieurs années se sont écoulées, mais le temps
est venu de conquérir de nouveaux territoires et de bâtir de nouvelles villes. Vous serez le chef  d’un groupe de bestioles qui se consacre à cette tâche. Il y a des bâtiments à construire, des personnages à rencontrer, des événements à organiser, l’année va être chargée! Le soleil brillera-t-il suffisamment sur votre ville avant que la lune d’hiver ne se lève?

Préparez-vous à être charmé par le monde merveilleux de l’Arbre Éternel. Une fois que
vous y serez, vous pourriez vouloir ne jamais en partir…

Source / Traduction : Yves SAZERAT

Préambule

Comment ne pas être impressionné par Everdell ?

Des graphisme fantastiques (même si c’est subjectif), des composants de très bonne qualité,  une présence sur table qui invite à se plonger dans son monde fantastique et des règles simples qui s’expliquent en une poignée de minutes. Mais un gameplay bien malin qui tire le meilleur de ses composants.

Que cela soit sur la pose d’ouvrier ou sur la construction de tableau, tout fonctionne à merveille pour donner un plaisir de jeu qui en fait pour moi l’une des très bonnes surprises de 2018. Cerise sur le gâteau, la livraison à eut lieu 4 mois avant la date annoncée sur le Kickstarter !!!

D’ailleurs une extension, nommée Pearlbrook, est prévue sur Kickstarter le 10 septembre, c’est pourquoi je me propose de vous présenter  ici ce petit bijou.

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Une partie à 3 joueurs (photo personnelle)
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Source

II – Le gameplay

La simplicité du gameplay de base en fait un jeu très simple à expliquer.  Bien entendu, le diable se cache dans le détail, ou plus exactement pour Everdell, dans les actions des différentes cartes jouées.

Le but du jeu est d’avoir le maximum de points à la fin de la partie. Ces points proviendront d’actions directes pendant la partie, des cartes que vous aurez jouées dans votre ville, ainsi que des bonus de ces cartes, et finalement des objectifs standards et avancés.

Tous les tours, chaque joueur a droit à une action parmi trois:

  • Placer un de ses ouvriers
  • Jouer une carte de sa main ou de la prairie dans sa ville.
  • Passer à la saison suivante.

Le jeu se déroule sur 4 rounds appelés saisons. On commence donc en hiver avec seulement deux ouvriers. Puis à chaque début de saison de nouveaux ouvriers enrichissent votre réserve et un événement spécial a lieu.

Il est à noter que vous pouvez passer à la saison à tout moment et que donc les joueurs peuvent être à des saisons différentes. Un joueur peut donc théoriquement finir de jouer bien avant les autres. Mais comme il n’y a pas d’avantage à cela, je pense qu’il y a peu de chance qu’un joueur finisse longtemps avant ses camarades.

Placer un ouvrier :

 Cette action est requise pour obtenir les ressources nécessaires à payer pour jouer les cartes du jeu dans votre ville. Outre les ressources de base « brindille », « résine », « caillou » et « baie »,  les ouvriers permettent de tirer de nouvelles cartes en main. Votre main ne pouvant jamais dépasser 8 cartes.

Elle permet aussi de placer des ouvriers sur les différents objectifs, de base ou avancés, afin de récupérer des points de victoires directement et/ou divers effets.

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Au centre les tuiles objectifs de base qui se clament en fonction du nombre de cartes d’une certaine couleur. En dessus et en dessous des exemples de cartes d’objectifs avancés. (photo personnelle)

Il y a 4 objectifs de base liés au type des cartes, une fois appropriés ces objectifs vous rapportent classiquement 3 points en fin de partie.

De plus on joue avec 4 objectifs avancés, tiré au hasard parmi les 16 présents dans la boite. Ces objectifs avancés ont généralement pour condition d’avoir dans sa ville un couple de bestiole/construction. Ils rapportent plus ou moins de points en fonction de la carte et demandent aussi souvent de dépenser des ressources pour gagner des points.

Les objectifs ne sont pas tous équivalents. Certains sont très clairement bien meilleurs que d’autres. Mais avoir les conditions nécessaires pour les remplir n’est pas toujours simple.  Comme tout bon jeu, tout est une question de trade-off. Est-ce que je passe du temps pour essayer de faire tourner ma main de carte afin de tirer la bonne carte ? Ou est-ce que je me concentre sur autre chose ? A vous de décider si l’une ou l’autre des options est viable dans votre stratégie.

Jouer une carte de sa main ou de la prairie dans sa ville :

Dans les villes d’Everdell peuvent être joués deux types de cartes. Les cartes constructions et les cartes bestioles.

Chaque carte en plus d’être une bestiole ou une construction à un type.

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Extrait du livret de règles (Source)

Pour jouer une carte il faut soit en payer le coût, soit jouer la carte gratuitement si c’est une bestiole et que l’on a la construction qui permet de la recruter. Dans ce cas il faut aussi marquer ce bâtiment car il n’est utilisable qu’une seule fois.

 

Il va falloir donc choisir entre les cartes de production qui payeront à long terme, les cartes à effet immédiat, les cartes qui se déclenchent sous condition et les cartes qui rapportent des points.

Les cartes de gouvernement, une fois jouées dans votre ville, se déclencheront à chaque fois la condition est remplie.  Comme ci-dessus le juge qui, lorsque l’on joue une carte, permet de remplacer une ressource par une autre.

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L’historien, qui permet de piocher une carte chaque fois que vous en jouez une, est une carte très forte en début de partie… (Source)

Passer à la saison suivante : 

Quand il le souhaite, mais généralement quand il n’a plus d’actions disponibles, le joueur peut passer à la saison suivante. Pour cela il ramène ses ouvriers déployés. Prend un ouvrier supplémentaire pour le printemps et l’été, et deux ouvriers supplémentaires en hiver. Ensuite au printemps et en hivers il fait une action de production.

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C’est-à-dire qu’il réactive toutes les cartes de production vertes de sa ville.  Lors du passage à l’été, il pioche simplement deux cartes supplémentaires.

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Le sommet de l’Arbre Éternel  permet de stocker les meeples en dessous de chaque saisons (Source)

Une excellente traduction des règles fait par Yves SAZERAT est disponible sur BGG

III– Un matériel à la hauteur de l’ambition du jeu

Comme je l’ai mentionné plus haut le matériel est dans l’ensemble de bonne qualité.

Niveau design, le plateau est superbement pensé. Chaque endroit est facilement identifiable.  Et la forme arrondie me plait énormément.  Par contre le fait qu’il y ait un arbre sur un de ses bords peu gêner la visibilité. A trois joueurs cela ne pose pas de souci. A quatre c’est à voir… Mais sachant que l’Arbre Éternel n’est là que pour faire joli vous pouvez toujours ne pas jouer avec… Attention d’ailleurs avec l’Arbre Éternel si vous achetez le jeu il ne fait pas forcer pour le monter mais pencher les plateaux. Il y a une vidéo de démonstration ici pour éviter de l’abîmer lors du montage.

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Çà en jette sur la table ! (Source)

Sur les ressources, le seul bémol sont les brindilles : cylindriques elles roulent facilement, mais personnellement cela ne m’a pas plus dérangé que cela. Pour le reste on a des cailloux tout mimi, des gemmes qui représentent de la résine et de superbes baies.

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Les superbes ressource. Même l’insert est bien pensé ! (Source)

Les animaux meeple sont des très mignons aussi et sont tout à fait dans le thème.

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Moi je joue avec la tortue ! (Source)

Dans la version deluxe les pièces métalliques représentant les points de victoire sont de très bonne facture. Ce qui améliore encore le plaisir de jouer.

Niveau artistique, Andrew Bosley, a fait un travail de fous sur les superbes illustrations des cartes. Comme vous pouvez le constater sur les différentes photos, elles aident à plonger dans ce monde animalier fantastique. Elles sont d’ailleurs super bien utilisées dans le livre de règles. Un livret super agréable à lire, qui est construit pour vous plonger dans le monde d’Everdell !

On pourra cependant reprocher qu’il y ait peu d’explications des pouvoirs des cartes dans le livret. Ce qui fait que parfois j’ai été obligé d’aller consulter la FAQ du jeu sur BGG pour comprendre certaines actions… Heureusement cela concerne très peu de cartes et lors de la partie à trois joueurs j’ai expliqué celles concernés aux autres joueurs.

IV– Everdell sur la balance

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Source

Je n’ai fait qu’une seule partie en multijoueur, il est donc encore un peu tôt pour avoir un retour sur la balance du jeu. Voici ce que j’ai vu.

Le pour : Énormément de choses à faire, ce qui fait que l’on est rarement bloqué. Même si on avait prévu une stratégie particulière. Il faut juste savoir la changer ou la relayer à plus tard.

Le contre : Il est parfois frustrant d’attendre qu’une carte particulière soit disponible. Elle peut même ne pas sortir et ruiner vos plans. Espérons que l’extension amène de quoi faire « cycler » les cartes plus rapidement.

V – Conclusion

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Source

S’il est, au premier abord, simple d’accès, Everdell prend très vite une dimension plus complexe. Principalement du fait des interactions entre le pouvoir des cartes jouées dans votre ville et des chaînages construction/bestiole.

On peut bien entendu penser que rien dans ce jeu n’est vraiment nouveau, les mécanismes ressemblent à ceux d’autres jeux. Notamment Terraforming Mars qui est similaire par certains côtés. L’expérience reste toutefois suffisamment différente pour que le plaisir d’y jouer soit là.  D’autant que le jeu tourne bien. Il semble plutôt équilibré et à une présence sur la table agréable et invitante. Mention spéciale pour le plateau circulaire qui est aussi une bonne idée, je trouve. Quant à l’Arbre Éternel qui n’est là que pour faire joli, on y pose des meeples dessus et des objectifs, cela aurait pu être fait sur la table… Mais je trouve l’idée très cool.

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Une partie solo ou l’on voit les rats noires de Rugwort bloquer certains emplacements et/ou cartes. (Photo personnelle)
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Extrait du livret de règles

Et en solo ça donne quoi ?

Parlons maintenant un peu du mode solo. Celui-ci propose d’affronter Rugwort, une méchante bestiole qui se verrait bien roi de la vallée. Il y a trois niveaux de difficultés. Qui sont juste une façon cachée d’augmenter le nombre de points à faire pendant la partie.

Chaque fois que vous jouez une carte, Rugwort en prend une aussi pour sa ville. Pour ce faire il utilise un dés 8 faces – qui comme pour le reste du jeu, est de très bonne facture – et prend la carte correspondante dans la clairière.

Contrairement à Founders of Gloomhaven où j’avais trouvé le solo particulièrement intéressant et différent du jeu multi,  ici le jeu perd de son intérêt en solo du fait du manque de joueurs. Non pas qu’il soit inintéressant seul, loin s’en faut, mais je pense qu’il aurait pu y avoir un travail supplémentaire pour compenser l’interaction avec les autres joueurs du multi.

Il reste néanmoins que ce mode est intéressant, notamment car il permet de bien appréhender le rythme du jeu et de tester les différentes combos que l’on peut faire. Et il faut reconnaitre que le challenge est toujours présent à chaque partie….

Après une dizaine de parties solo je n’arrive qu’à gagner en mode facile, et encore pas tout le temps…

 

Everdell est la propriété de Starling Games. Les images d'illustration de cet article proviennent de boardgamegeek.com et de kickstarter.com
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