SotM: Vengeance – De l’art de multiplier les problèmes

I – Présentation

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Fiche descriptive
Nombre de joueurs : 1-5 joueurs
Durée : 60-90 min
Mécaniques : gestion de main, combo, coopération
Format de cartes : 63X88mm ; 101,6X152,4mm pour les cartes des Villains.

Vengeance est la cinquième extension du jeu Sentinels of the Multiverse (chroniqué ici), et le premier stand-alone de la série depuis le jeu original. Parue en 2014, elle a toujours comme créateurs Christopher BadellPaul Bender, avec Adam Rebottaro au pinceau.

Cet article a été rédigé après environ dix parties (physiques + digitales).

Baron Blade a trop souffert aux mains des “héros” du multivers. Le temps de la revanche a sonné. Déterminé à en découdre, le Baron a monté une équipe de super méchants et réuni sous sa coupe Ermine, voleuse insaisissable ; Friction, scientifique renégate ; Proletariat, Russe aux capacité de clonage ; et Fright Train, ancien militaire biologiquement augmenté.

Ensemble, ils forment les Vengeful Five, un quintette de malfrats qui vont mettre les sentinelles devant leur plus grand défi à ce jour !

II – Le gameplay

Le principal changement de cette nouvelle extension est que les joueurs n’affrontent plus un adversaire unique, mais une équipe d’adversaires, à raison de un villain par héros joué. Ce qui signifie qu’à chaque partie, vous affronterez entre 3 et 5 des cinq méchants proposés dans cette extension.

En terme de gameplay, l’ordre du tour, de Villain, Hero 1-2-3 (-4-5), Environnement, devient Villain 1, Héros 1, Villain 2, Héros 2, Villain 3, Héros 3, (Villain 4, Héros 4, Villain 5, Héros 5,) Environnement.

Pour gagner, les joueurs doivent désormais vaincre chaque adversaire. Une fois vaincue, la carte du Villain est retournée et ses cartes, sa défausse et son deck sont retirés de la partie. Mais, comme un héros incapacité, le Villain continue à avoir un tour, pendant lequel une capacité est déclenchée et résolue. Ainsi, Fright Train continue à infliger 2 dégâts à un héros, même lorsqu’il est incapacité, et ce jusqu’à ce que tous les adversaires aient mordu la poussière.

En dehors de quoi les mécaniques sont inchangées.

Côté nouveaux decks, sont présents:

Les héros

Ils sont ici au nombre de cinq.

K.N.Y.F.E. Ancienne membre d’une unité spéciale au sein du Block, Paige Huntly a depuis intégré le F.I.L.T.E.R., où elle a développé des pouvoirs énergétiques. Mais les événements anormaux qu’elle a observé dans l’univers lui ont fait quitter cette organisation afin de trouver des réponses et jouer sa part dans leur déroulement.

K.N.Y.F.E. est un héros très lambda, focalisé sur les dégâts de type mêlée et énergie. Son deck regorge de dégâts directs et d’équipements augmentant ses dégâts et réduisants ceux qu’elle subit.

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Crédit: Jeremy Sydik (source)

 

Parse. Victime du syndrome d’Asperger dans sa jeunesse – une forme d’autisme -, Kim Howell a su mettre à profit ses capacités d’analyse contre Omnitron, et est aujourd’hui capable d’apporter de précieuses informations à son équipe.

Parse est un héros de soutien focalisé sur la défausse et les dégâts irréductibles. Elle permet la manipulation des decks en en modifiant l’ordre des cartes.

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Crédit: Jeremy Sydick (source)

– The Naturalist. Avoir travaillé dans l’industrie du pétrole a mené Michael Conteh a être maudit par Akash’Bhuta, résultant dans une capacité à se transformer en animal. Ses différentes rencontres avec Argent Adept l’ont amené aujourd’hui à mettre cette malédiction au profit des habitants du Multivers.

The Naturalist est un héros polyvalent, dont les trois formes permettent de s’adapter aux situations, se transformant si besoin en tank attirant et réduisant tous les dégâts, en machine à pioche, en générateur de dégâts, ou se soignant si nécessaire.

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Crédit: Jeremy Sydick (source)

– The Sentinels. Les “Southwest” Sentinels, composées d’un ancien braqueur, d’une gamine aux pouvoirs psychiques, d’un monsieur muscle tout à fait normal, et d’un humain devenu énergie, ont vécu plein d’aventures avant d’arriver entre vos mains ! Lesquelles ? Qui sait…

The Sentinels est un héros très fragile mais capable d’infliger énormément de dégâts à un nombre important de cibles. Les effets de ces cartes dépendent des personnages toujours actifs, et Doctor Medico est capable de retourner une carte incapacitée afin de pouvoir plus facilement pallier la faiblesse de chacun des quatre personnages qui composent cette équipe. Dégâts, soins, réduction de dégâts, manipulation de pioche… The Sentinels propose un peu de tout.

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Crédit: Jeremy Sydick (source)

– Setback. Pete Riske est malchanceux. Mais pour lui, les choses tournent parfois bien, et son attitude positive aide à contrebalancer sa guigne. Avoir signé auprès de ce Baron quelque-chose ne peut qu’ouvrir à de meilleurs lendemains !

Setback est un héros unique, jouant sur un système de jetons malchance. Plus il a de jetons, et plus les possibilités qui lui sont offertes sont intéressantes. Trop peu ou pas assez, cependant, et Setback devient son pire ennemi… (les jetons ne sont pas fournis et doivent être représentés par quelque chose de votre choix.)

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Crédit: Jeremy Sydick (source)

Les adversaires.

Ils sont cinq. Ils disposent d’une carte géante recto-verso, illustrant sur une moitié le personnage, et sur l’autre la mise en place du deck ainsi que leurs capacités innées. Point de condition de victoire ou de défaite avec ce système, soit tous les héros sont vaincus, soit tous les méchants sont vaincus. Au verso, une capacité se déclenchant pendant son tour, si l’adversaire est vaincu.

Les adversaires sont Baron BladeErmineFrictionFright Train et Proletariat. Il n’est pas possible de les affronter en solitaire, et vous devrez pour chaque partie sélectionner un adversaire par héros joué. Les paramètres permettant de modifier l’équipe sont le nombre d’adversaires, et l’ordre dans lequel ils seront joués.

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En voilà deux qui vont sacrément vous donner du fil à retordre. (Source)

Les decks, de 20 cartes chacun, regorgent également de cartes de Nemesis, personnages clef de l’histoire ne disposant pas toujours de leur propre deck, mais dont les effets sont accentués si un certain héro est de la partie, et qui dispose également de l’icone de Nemesis du héros. Parmi ceux que j’ai observé, seuls Chokepoint et Omnitron disposent de leur équivalent en mode de jeu normal, et Zhu-Long apparaît dans un environnement.

Les environnements.

Vos affrontement prendront place dans deux nouveaux lieux.

Freedom Tower. Les quartiers privés de vos héros. A priori, rien qui ne puisse vous nuire. A moins qu’un adversaire ne parvienne à les pénétrer ?

Mobile Platform Defense. Les vaisseaux volants de Baron deviennent aujourd’hui le théâtre de vos affrontements. Attention où vous mettez les pieds, ce champ d’énergie pourrait s’avérer fatal. Et il serait dommage que la plateforme vienne à s’écraser !

III – Infernal Relics sur la balance

Le pour :

Vengeance offre des héros inspirés ! K.N.Y.F.E. et Parse ne sont pas de ceux-là, mais The Naturalist, The Sentinels et Setback proposent chacun de nouvelles mécaniques inédites et franchement agréables à jouer. Polyvalents, originaux, puissants, et gratifiants, ces héros sont considérés parmi les meilleurs de toute la licence.

Vengeance propose un nouveau mode de jeu ! Si vous aviez fait le tour des héros en 1 contre une équipe, vous apprécierez peut-être d’affronter une équipe de héros. Cela fait en tout cas sens thématiquement.

– Vengeance est thématique ! Il n’est pas logique que les méchants ne s’allient pas contre les héros. De plus, voir apparaître pléthore d’adversaires en tant que Nemesis, et constater la progression du Multivers au travers des illustrations des différents decks, est franchement appréciable. Les effets des cartes retranscrivent bien les pouvoirs des personnages qu’elles dépeignent (Friction et sa rapidité d’action se faisant à son détriment lorsqu’elle perd son équipement, The Naturalist dont les pouvoirs diffèrent selon la forme adoptée…)

Le contre :

– Vengeance n’est pas agréable à jouer ! Le nouveau système, à H contre H, est long, fastidieux, et pénible. Trop de cibles, trop de decks, trop de choses à prendre en compte, trop de temps rajouté à la partie, trop de dégâts amassés trop vite, et trop peu de conditions alternatives de victoire ou défaite.

– Vengeance n’est pas rejouable ! Un seul mode de jeu, et une seule configuration réellement possible. Là où chaque extension précédente vous apportait 4 nouveaux adversaires, vous n’avez ici que les Vengeful Five à vous mettre sous la dent, et à cinq la seule alternative possible est de les jouer dans un ordre différent. Les héros ne sont pas à l’origine de la rejouabilité dans un jeu coopératif : ce sont les scénarios qui donnent envie d’y revenir. Et Vengeance n’en propose qu’un.

– Vengeance n’offre pas d’identité propre à ses méchants ! Le problème est partiellement lié au fait qu’ils se battent désormais en équipe. Mais la présence d’un nombre important de Nemesis dans un deck déjà assez petit, puisque constitué seulement de 20 cartes, fait que les decks des adversaires manquent cruellement de personnalité. Vous aurez le plus souvent affaire à une marée de Nemesis infligeant une vingtaine de dégâts par ronde, plus en tout cas que vous ne verrez votre adversaire mettre son plan en action, déployant force minions et appareils. La seule exception pour moi est Proletariat, qui aurait dû faire l’objet d’un scénario à lui seul.

IV – L’avis du Comboteur Fou

 

Avez-vous aimé le film Spiderman 3? Venom, Sandman et le nouveau Bouffon Vert, alliés contre Spiderman dans un film de deux heures, là où ses deux prédécesseurs mettaient un méchant unique en action pendant deux heures ?

Moi non. Pour cause, outre le massacre de Venom, personnage le plus emblématique de tout l’univers Marvel à mes yeux : Docteur Octopus et le Bouffon Vert disposaient d’un film entier pour mettre leur personnalité en avant, définir leur rôle, leurs objectifs, et leurs menace, avant que de succomber sous les coups de Spiderman. C’est un peu court pour des personnages récurrents depuis plusieurs décennies, mais cela reste honnête. Dans le 3, chaque adversaire ne dispose que d’un quart du temps pour être développé – le dernier quart étant occupé par Emo Peter Parker, – ce qui amène à un scénario bâclé où chaque personnage est sacrifié afin de rendre l’action plus impressionnante.

La situation est la même avec Vengeance. Aucun des nouveaux adversaires n’est réellement développé, son deck, de 20 cartes contre les 25 d’un adversaire traditionnel, est déjà réduit d’autant de cartes que celles mises en jeu dès la mise en place, généralement 1 ou 2 par adversaire, puis du nombre de Nemesis, aucunement liée à ce personnage, que le deck contient. Généralement 3.

Passé cela, il devient clair que Baron Blade est un anti-Legacy, boostant ses collègues, puis obligeant les héros à défausser des cartes, restreignant leurs mouvements etc. par ses différents appareils ; Ermine est un cauchemar logistique et ne sert pas à grand-chose d’autre ; Friction imite Tachyon dans sa propension à jouer plusieurs cartes par tour et à infliger un nombre de dégâts déterminé par la quantité de cartes dans sa défausse ; Fright Train est une machine à baffe sans subtilité ; et Proletariat est impossible à toucher tant que ses clones sont en jeu, mais leur maintien lui coûte beaucoup de points de vie. Voilà en tout cas ce que les decks essaient de faire lorsqu’on les consulte hors partie. En jeu en revanche, l’action d’un adversaire consiste trop souvent à mettre en jeu une Nemesis, puis à coller, avec son aide, une dizaine de dégâts aux héros. La profusion de cibles adverses, entre vilain, appareil, et Nemesis, est impressionante. A noter que les minions ont par ailleurs complètement disparu.

J’apprécie le fait que Greater Than Games ait voulu varier le gameplay de son jeu, et tenté de donner une identité à chacun des decks des méchants, ce qui peut être confirmé en regardant les cartes une à une. Malheureusement, si l’on se contente de Vengeance, les parties se ressemblent toutes, les cibles prioritaires sont toujours les mêmes (Fright Train en raison des dégâts massifs, Friction en raison du nombre de cartes qu’elle joue par tour), et la difficulté ne diminue pas, contrairement aux précédentes itérations, où il était possible de passer de l’infernal Iron Legacy aux beaucoup plus simples Gloomweaver, Ambuscade ou Baron Blade. Il faudra attendre de mettre la main sur Villains of the Multiverse ici pour obtenir un peu de variété (mais quid de la difficulté ?) La force d’un jeu comme Sentinels of the Multiverse, ou Aeon’s End, pour moi, est de proposer la possibilité de jouer une partie extrêmement simple en guise de défouloir, une partie extrêmement difficile en guise de défi ultime, et de couvrir tout le reste du spectre, au travers de ses différentes options. Cette possibilité a ici simplement disparu.

Mais surtout, et c’est là pour moi le problème majeur de l’extension, ce mode de jeu invalide complètement une partie des personnages jouables : l’augmentation nette du nombre de cibles, entre les adversaires principaux, leurs minions et les Nemesis, signifie que les héros capables d’infliger des dégâts à plusieurs, voire à toutes les cibles adverses, sont quasiment obligatoire. Pas question de faire 1 petit dégât par-ci par-là contre une équipe de vilains, le timing ne le permet tout simplement pas. La pluie de dommages que les héros subissent ne le permet pas. Unity et Absolute Zero, par exemple, n’ont tout simplement pas leur place dans ce mode de jeu.

Si je devais noter individuellement les composantes de Vengeance, je leur attribuerai ces notes :

– The Naturalist est un héros très intéressant, capable de s’adapter à plusieurs situations, mais peut-être un peu trop puissant en comparaison des autres. Le fait qu’il puisse, de base, aller chercher directement ses différentes formes, dans la défausse ou dans le deck, fait qu’il est possible de l’exploiter malgré une mauvaise main de départ, contrairement par exemple à Bunker ou Absolute Zero, ce qui le rend agréable à jouer en toutes circonstances. 8/10

– The Sentinels est un héros qui regorge de bonnes idées et qui peut offrir un potentiel de dégâts massifs, tandis que pouvoir retourner une carte incapacitée permet de pallier la grande fragilité des personnages qui le composent. En revanche, les très faibles points de vie le rendent particulièrement fragile, surtout contre les Vengeful Five. Vous aurez besoin que chaque personnage soit actif afin de profiter au mieux des cartes du deck. Très puissant, mais très fragile, donc, et à réserver à certaines configurations, comme Unity. 6.5/10

– Setback propose une micro-gestion inédite et passionnante de jetons malchance, qui le rendent vraiment long à mettre en place. Mais le jeu en vaut la chandelle et le héros devient polyvalent, infligeant et redirigeant des dégâts, détruisant des cibles à la pelle, récupérant des points de vie… Un bon héros, pas évident à utiliser, un peu lent à mettre en place, mais divertissant et capable de bien soutenir une équipe. 7/10

– Parse n’a pour ainsi dire pas d’identité. Le deck ne fait rien d’intéressant, même pour un deck de soutien. Un joueur contrôlant Parse place plus de temps à bouger des cartes à droite à gauche qu’à faire quoi que ce soit d’autre, et ce sans vraiment rien accomplir. Sa capacité à rendre les dégâts irréductibles la rend cependant intéressante dans certaines configurations: Iron Legacy, The Dreamer et Apostate sont de bons candidats. 4/10

– K.N.Y.F.E. distribue des baffes, mais ne fait rien d’autre. Pas aussi divertissante qu’un Haka ou qu’un Ra, ni aussi risquée qu’un Chrono-Ranger, le personnage est un bon personnage d’intro, complètement fumé, mais n’a aucun intérêt à jouer. 3/10

– Freedom Tower et Mobile Defense Platform sont deux environnements qui manquent de personnalité, mais ne devraient pas poser trop de difficultés. Ce qui les met vraiment à part et les rend intéressants en soi ! Mobile Defense Platform et sa condition de défaite sont un peu au-dessus du lot. On apprécie pour éviter de trop perdre à cause de l’environnement quand trop d’entre eux vous compliquent l’existence. 6/10

Mais l’extension se veut être un stand-alone centré autour des Vengeful Five, et sera notée comme telle. Elle reste à prendre en considération pour les autres decks si vous cherchez à avoir le plus de choix possible lors de votre mise en place, même sans vous lancer contre une équipe de méchants, mais je ne suis pas convaincu qu’elle mérite réellement l’achat, sachant que seuls trois héros valent vraiment le coup.

Côté illustrations, je les trouve toujours aussi réussies, et j’apprécie énormément de retrouver les différents personnages dans toutes les situations dépeintes. Quelques clins d’œils sont très appréciables, comme l’illustration de Bolster Allies dans le deck de Baron Blade. Je suis en revanche plus circonspect par le choix d’orienter les cartes de personnage des Villains en paysage plutôt qu’en portrait, comme c’était le cas sur les versions Oversized des adversaires individuels : le dessin est moins mis en valeur, et le côté incapacité présente une moitié de carte complètement inutilisée, qui aurait pu permettre de faire briller plus encore les illustrations de Rebottaro. Décevant ! Le fait que le dos des cartes des adversaires ne soient plus uniques, mais le même que celui des héros, est également très décevant. Déjà parce qu’il ne facilite pas la compréhension du terrain de jeu quand tous les decks se ressemblent, ensuite parce que les dos uniques des adversaires permettaient de mieux leur donner une identité. Petit détail, mais qui m’attriste grandement car il retire de son charme à la licence.

Je ne peux que vous encourager à télécharger le Season Pass 2 du jeu vidéo Sentinels of the Multiverse et à essayer ce mode de jeu par vous-même avant que de vous lancer dans son acquisition. Je préconise effectivement le Season Pass car il incluera également Villains of the Multiverse (qui ne comprend aucun héros) et OblivAeon et son nouveau mode de jeu, ce qui permettra de vous faire un idée plus détaillée grâce au plus large panel d’options. Attention cependant, cette adaptation est assez pénible à jouer, d’autant plus contre les Vengeful Five (beaucoup de choses à confirmer, de clicks, d’effets se déclenchant d’eux-mêmes, ralentissent la partie et rendent la compréhension difficile).

Pour conclure : le Comboteur Fou n’apprécie vraiment pas Vengeance, et lui attribue la note de

3/10

Sentinels of the Multiverse est la propriété de Greater than Games.Les images d'illustration de cet article proviennent du site Boardgamegeek.
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