SotM: Rook City -I’m a crook, nigga!

I – Présentation

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Fiche descriptive
Nombre de joueurs : 1-5 joueurs
Durée : 30-60 min
Mécaniques : gestion de main, combo, coopération
Format de cartes : 63X88mm

Rook City est la première extension du jeu Sentinels of the Multiverse (chroniqué ici). Parue en 2012, elle a toujours comme créateurs Christopher BadellPaul Bender, avec Adam Rebottaro au pinceau. Elle est depuis disponible en bundle avec la deuxième extension, Infernal Relics.

Après avoir découvert Megalopolis, ses alentours, et les différents personnages aux superpouvoirs qui évoluent dans le Multivers, cette première extension revient vers des situations moins paranormales, en nous offrant exclusivement des personnages qui pourraient tout à fait exister puisqu’ils ne disposent d’aucun pouvoir surhumain. Du moins, aucun qui ne s’explique pas par la science.

Nous plongeant dans un univers noir, sombre et cruel inspiré par Batman et Gotham City, l’extension propose deux nouveaux héros et leur deck, deux nouveaux environnements, et quatre nouveaux adversaires avec leurs decks associés. Le format de cartes et de jeu est le même que celui de la boîte de base, et cette extension apporte uniquement plus de variété au jeu de base, puisque les mécaniques sont identiques.

II – Le gameplay

Je n’aborderai ici que les nouveautés apportées par cette extension. Voir la chronique originale pour le déroulé de la partie, qui est ici inchangé.

Les héros

Ils sont ici au nombre de deux.

– Expatriette. Rejetée par sa mère en raison de sa totale normalité, Amanda Cohen décide de se venger de sa criminelle génitrice et de tout ce qui est malintentionné à l’aide d’un arsenal de très, très gros calibres.

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– Mr. Fixer. Harry Robert Walker est un ancien maître d’arts martiaux qui a abandonné l’enseignement pour se consacrer à la carrosserie après que ses jeunes étudiants aient été tués par des trafiquants de drogue. Les rudoiements dont souffre sont assistant le poussent cependant à reprendre du service…

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Les adversaires.

Ils sont quatre. Ils disposent de deux cartes recto-verso, l’une illustrant le personnage, l’autre définissant la mise en place du deck, ses conditions de victoire, de défaite, et les conditions qui font retourner sa carte, ainsi que ses effets une fois retournée.

– Plague Rat. Un rat qui a muté au contact des produits chimiques déversés par Pike Industries, et qui tente de propager sa nouvelle espèce en infectant humains, rats, et… superhéros.

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– Spite. Jack Donovan fait partie d’une expérience. Tueur en série condamné à mort, auquel on a injecté des substances, comme à neuf autres cobayes. Tous morts. Mais Spite s’est échappé, et continue à tuer. Qui sait ce que les drogues vont lui faire subir ?

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– The Chairman. Qui se serait douté que le maître de la pègre n’était autre que Graham Pike, le patron de Pike Industries ? Caché derrière The Opérative, aka Sophia Anna Isabel DeLeon, il faudra bien des efforts pour l’obliger à se dévoiler.

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– The Matriarch. Excédée par la comparaison avec sa cousine Tachyon, Lillian Merle Corvus devint plus qu’une adolescente à problèmes le jour où elle mit la main sur un masque antique lui permettant de prendre le contrôle de nuées de corbeaux.

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Les environnements.

Vos affrontement prendront place dans deux nouveaux lieux.

– Rook City. La ville du crime, des ruelles sombres où les lames brillent dans le noir, où la police est tellement corrompue qu’elle sera aussi dangereuse que les dealers. Et où l’on n’est jamais à l’abri d’une gargouille se détachant malencontreusement d’un toît.

– Pike Industrial Complex. Quoiqu’il se passe ici, la légalité en est douteuse. Attention où vous mettez les pieds, vous risquez de renverser des contenants dont vous ne voulez pas connaître le contenu. Préparez vos combinaisons anti-radiations.

Les mécanismes.

H.

Par rapport à la première version du jeu de base, Rook City apporte de petites modifications bienvenues, comme le symbole H, dont la valeur est égale au nombre de héros joués dans la partie. Ce symbole permet de changer la difficulté des adversaires et de l’environnement en fonction du nombre de héros, et non de se retrouver avec des actions fixes quel que soit le nombre de personnages joués. Il est parfois accompagné d’un chiffre négatif ou positif afin d’augmenter ou de diminuer ses effets, et peut concerner les dégâts infligés par un adversaire, ou le nombre de cartes qu’il met en jeu, etc. Le jeu de base a depuis été modifié pour incorporer ce bienvenu symbole.

Irreducible damage.

Beaucoup de dégâts peuvent être amoindris dans SotM. Eh bien ceux-là ne peuvent pas. Peu importe les réductions de dégâts mises en place, tous les irreducible damage seront infligés. Une manière pour l’adversaire de vous importuner quoiqu’il arrive, mais aussi une manière pour les héros de ne pas se retrouver incapables de faire quoique ce soit contre certains adversaires pour peu qu’ils n’aient pas de chance dans le tirage, ou qu’ils ne puissent faire le bon type de dégât, comme Ra contre un ennemi qui réduit les dégâts de feu. Thématiquement, la chute d’un bloc de béton d’une hauteur de 20 mètres, un coup particulièrement vicieux d’un adversaire, ou les arts martiaux de Mr. Fixer sont autant de dégâts irréductibles qui font parfaitement sens. Les dégâts peuvent cependant toujours être empêchés par un effet qui octroie ce bénéfice.

 

III – Rook City sur la balance

Le pour :

Rook City ajoute du contenu ! Quatre adversaires, c’est bien, mais huit, c’est mieux. SotM est un jeu pour lequel il ne peut qu’être bénéfique d’avoir le maximum de choix de configuration possible, et rajouter huit deck permet de multiplier de beaucoup la rejouabilité de la licence. Taper sur Baron Blade dans de nouveaux environnements ne peut qu’être jouissif.

Rook City propose du challenge ! Difficiles au départ, les decks de SotM deviennent assez vite facile à gérer et à maîtriser (à part éventuellement celui d’Absolute Zero). Ceux de Rook City sont parmi les plus difficiles de toute la licence. Les héros sont considérés comme les moins puissants, les adversaires comme les plus difficiles, et les environnements comme les moins en faveur des héros. Le challenge est relevé, mais loin d’être inintéressant.

– Rook City est adulte ! Si vous n’avez pas apprécié la légèreté et l’humour de SotM, vous pourriez bien apprécier la noirceur et la maturité de cette extension. La pègre, les meurtres, et les tristes sorts sont partout, et même certains de nos héros ne s’en relèveront pas. Des sorts funestes qui transparaissent lorsque vous vous penchez sur les histoires qui accompagnent les variantes des héros, disponibles à part.

Le contre :

– Rook City est sombre ! Plus mature, le thème est plus violent, les pistolets, les assassins, la drogue sont des thèmes récurrents et peuvent en gêner certains. Spite est ainsi évité par des joueurs qui n’apprécient pas que les cartes de victimes innocentes soient assassinées par le personnage.

– Rook City est difficile ! Spite, The Chairman et The Matriarch sont trois des adversaires les plus difficiles du jeu, toutes extensions confondues. Rook City est l’environnement le plus néfaste qui soit pour les héros. Les deux héros sont relativement faibles (bien qu’ils aient leurs avantages précieux). Ne vous attendez pas à remporter facilement la victoire.

– Rook City est en Anglais ! Si ce n’est pas sa faute, la complexité de certaines cartes en fait néanmoins un problème qui peut être éliminatoire.

IV – L’avis du Comboteur Fou

 

Rook City est une extension que je trouve difficile à apprécier. J’aime ses héros, que je trouve charismatiques et intéressants, mais monotones à jouer. Mr. Fixer est particulièrement utile avec ses dégâts de masse irréductibles dans les configurations qui le nécessitent, mais ne demande quasiment aucune réflexion, quand Expatriette est très linéaire. Les deux personnages dépendent énormément de leur pioche et peuvent devenir complètement parasitaires si vous allouez les ressources des autres personnages à leur donner des actions supplémentaires leur permettant de trouver leurs outils. Une fois lancés, en revanche, ils font partie des personnages qui m’ont le plus sauvé de mauvaises passes, et Mr. Fixer, dans la bonne configuration, est un monstre.

Les adversaires font partie de ceux que j’ai le moins joué, tout comme les environnements. J’ai perdu contre The Chairman en ne pouvant pas faire grand-chose, j’ai gagné contre The Matriarch haut la main grâce à Expatriette, je trouve Spite littéralement insupportable et très bien imaginé mais extrêmement mal exécuté, et Plague Rat ne m’est pas encore assez connu mais m’intéresse.

Rook City (l’environnement) représente un défi intéressant pour vaincre des adversaires que vous maîtrisez trop bien ou qui présentent des difficultés particulières (The Dreamer par exemple) quand Pike Industrial Complex est… Complexe, justement !

Violente en tant que première extension, Rook City devient très intéressante si vous avez déjà fait le tour d’autres ajouts, plus variés et moins difficiles. Heureusement, elle est plus cohérente vendue avec Infernal Relics, plus fun et qui apporte des héros extrêmement utiles. A elle seule, elle est pour moi la moins bonne des extensions qui ne changent pas fondamentalement le système de jeu (VengeanceVillains et OblivAeon)

Pour conclure : le Comboteur Fou apprécie Rook City, mais moins que les autres produits de la licence, et lui attribue la note de

6,5/10

Sentinels of the Multiverse est la propriété de Greater than Games.Les images d'illustration de cet article proviennent du site Boardgamegeek et du site sentinelsofthemultiverse.com.
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