GOSU – Comme un gobelin dans la brume

I – Présentation

Fiche descriptive
Nombre de joueurs : 2-4
Durée : 45 à 120 minutes, selon le niveau des joueurs
Méchaniques : Gestion de main, cartes, tableau
Format de cartes : 63X88mm (format de type Magic), facile à protéger avec des pochettes standard

Gosu, c’est un jeu important à plus d’un titre :
– C’est le premier jeu de Moonster Games Asia (MGA). C’est même le jeu qui est à l’origine de la création de cet éditeur, à qui l’on doit par la suite Minivilles, Koryo, ou plus récemment Abracada… Quoi?
– C’est le premier jeu de Kim Satô, développé et sorti alors que le jeune homme n’avait pas encore quinze ans. On n’entend pas trop parler de lui depuis, mais il revient en force dans peu de temps avec Ryu, qui devrait se dérouler dans le même univers, et sera le premier “gros” jeu de MGA (avec tout plein de matos).

L’histoire de Gosu est un peu particulière, puisque le jeu a été édité une première fois dans une mouture avec texte, puis a connu une extension, Kamakor, avant d’être repensé et réédité dans une version deux, Gosu Tactics, incompatible avec la première version et son extension, et voyant le texte disparaître au profit des icônes.

La première édition de GOSU est de 2010. Le nom du jeu, assez mystérieux, signifie Goblin Supremacy.
En effet, dans ce jeu, vous incarnez un seigneur de guerre tentant de recruter une armée de gobelins pour mener une grande guerre contre les autres seigneurs du monde de GOSU.

Le jeu contient 100 cartes avec du texte et différents symboles, 9 jetons de victoire, 8 jetons activation de quatre couleurs différentes, un jeton avantage, et un livret de règles couleurs, de bonne qualité avec tout plein d’humour dedans.
La boîte, qui est la première de MGA, est originale. Elle ne comprend en effet pas de thermoformage et est bien plus grande que les cartes, ce qui fait que votre deck se trimballe allègrement dans tout cet espace une fois le tout ouvert. C’est également, avec celle de Kamakor, la seule boîte que je connaisse qui ait le logo du jeu imprimée dans le fond. Et ça rend vraiment bien. On remarque aussi des déclinaisons amusantes du logo de MGA sur les différents côtés de la boîte. Le matériel est de très bonne qualité.

Les cinq races

Dans l’univers de GOSU, cinq races peuvent être recrutées pour mener à bien vos noirs desseins :

– Les anciens gobans.

– Les méka gobelins.

– Les sombres gobelins

– Les gobelins alpha

– Les gobelins de feu

V’là comment c’est beau.

Chaque clan propose des Bakutos, des gobelins de niveau I, des héros, de niveau II, et des Ozékis, de niveau III.

II – Le gameplay

Dans GOSU, et c’est là la grande originalité du jeu, votre ressource principale est : les cartes de votre main.
Ainsi, pour payer le recrutement de vos gobelins, ou les coûts de mutation, vous devrez vous défausser de cartes de votre main. Là où cela devient corsé, c’est que sauf si une action vous le permet, vous ne piochez jamais de cartes ! Ni au début de votre tour, ni au début d’une nouvelle manche !

Pendant votre tour, vous avez différentes actions possibles :
– Recruter un gobelin.
– Muter un gobelin.
– Activer un gobelin.
– Dépenser un jeton d’activation pour piocher une carte.
– Dépenser deux jetons d’activation pour piocher trois cartes.
– Passer votre tour.

Recruter un gobelin

Sans doute la règle la plus complexe à appréhender de GOSU. Recruter un gobelin consiste à le poser depuis sa main sur son tableau de 5 par 3 cases. Le premier gobelin est gratuit. Les autres, c’est plus compliqué.

Votre premier gobelin sera toujours placé en bas à gauche, et sera toujours un Bakuto. Il ne vous coûtera rien.

Votre deuxième gobelin pourra être un héros. Il devra alors être du même clan que votre Bakuto. En effet, une première règle de pose est :
– Pour recruter un gobelin de niveau II, ou III, vous devez obligatoirement contrôler un gobelin de niveau I et, si applicable, de niveau II du même clan dans votre armée !
Une deuxième règle est :
– Vous ne pouvez pas recruter de gobelin de niveau II ou III si vous n’avez pas un gobelin de niveau I directement sous lui dans votre armée.

Vous pourrez aussi choisir de recruter un autre Bakuto. S’il est du même clan que le premier, alors tout va bien, il est gratuit.
S’il ne l’est pas, voici une nouvelle règle :
– Pour recruter un gobelin de niveau I, si ce n’est pas votre premier gobelin, vous devrez défausser deux cartes de votre main, sauf si vous contrôlez déjà un gobelin de niveau I du même clan dans votre armée.

Eh oui, GOSU, ça fait réfléchir. Mais on se fait bien vite à cette règle.

Muter un gobelin

Il existe une matière d’outrepasser ces règles de recrutement : Muter un gobelin.
La plupart de nos gobelins possède, en bas à gauche, un petit chiffre marqué à côté d’un écrou :

Ici par exemple, Dom a un coût de mutation de trois.
Ce coût représente le nombre de cartes qu’il faudra dépenser de votre main pour pouvoir muter Dom, c’est à dire :
Mettre Dom dans la pile de défausse depuis votre tableau pour la remplacer par un autre gobelin de même niveau qui se trouve dans votre main.

Cette action permet de ne pas avoir à contrôler de gobelin de niveau I de la même couleur que notre nouveau gobelin pour le poser ! Pratique. Oui, mais coûteux.

Activer un gobelin

Vous voyez ce petit symbole dans le texte de règles de Dom ? Il s’agit du symbole que l’on trouve sur les jetons d’activation.
Ce texte signifie que, si vous choisissez comme action de poser sur Dom un jeton d’activation, vous pourrez alors déclencher son effet. Un effet qui sera différent si vous possédez le jeton avantage.
Une carte avec un jeton activation sur elle ne peut plus être activée.
Les jetons d’activation reviennent dans la réserve d’un joueur à la fin d’une grande bataille (la fin d’une manche).

Dépenser un jeton d’activation pour piocher une carte
Dépenser deux jetons d’activation pour piocher trois cartes

Si vous faîtes l’un, vous ne pourrez plus faire l’autre. Eh oui, logique !

Passer votre tour

Passer son tour est définitif pour une manche. Si vous faîtes cela, tous les autres joueurs peuvent continuer à jouer jusqu’à ce qu’ils passent leur tour.

La grande bataille

Lorsque tous les joueurs ont passé, on compte les points.
Bakuto = 2 points
Héros = 3 points
Ozéki = 5 points
Le joueur qui a le plus de points remporte la grande bataille. En cas d’égalité, le joueur qui a le jeton avantage gagne le point. Si aucun des deux ne l’a, alors les deux gagnent un point.

La fin de la partie

La partie se termine lorsqu’un joueur a accumulé trois points de victoire. En cas d’égalité… cf. La grande bataille.
Certains gobelins de niveau III permettent également des conditions de victoire alternatives (le joueur qui contrôle huit gobelins du même clan gagne la partie, le joueur qui contrôle 15 gobelins gagne la partie…)

III – Pourquoi c’est bien (ou pas)

Pour :
– Gosu est beau ! Les illustrations sont magnifiques ! Chaque clan est bien identifiable et unique. Chaque dessin est soigné. Les cartes sont belles comme tout et les jetons aussi.
Gosu est fluide ! Alors non, pas lors de la première partie, parce qu’il y a plein de texte à lire. Tant pis, vous le lirez pendant le tour des autres.
Gosu est profond ! La stratégie est là, les choix sont nombreux et influent grandement sur la partie.
Gosu est unique ! Contrairement à d’autres jeux de cartes, on n’accumule pas des ressources pour pouvoir jouer ses grosses cartes. Ici, on se sert de ses cartes pour poser ses cartes. Et ça fait réfléchir, surtout lorsqu’elles sont quasiment notre seul moyen de piocher.

Contre :
– Gosu n’est plus édité ! Mais il n’y peut rien, le pauvre.
– Gosu est brutal ! Se faire démolir une armée en quelques tours. Se faire défausser une vingtaine de cartes en moins de temps qu’il n’en faut pour les piocher. Se prendre des tours infinis dans la face. Gosu encourage les combos et ça peut faire très mal. Mais pas autant que chez son petit frère.
Gosu est cruel ! A trois ou à quatre, vous pourrez diluer votre rage de vaincre sur plusieurs malheureux adversaires. Mais en un contre un, il n’y en aura qu’un qui prend ! Et il faut parfois être bien accroché pour l’encaisser.

IV – L’avis du Comboteur Fou

Les illustrations magnifiques à elles seules me donnent envie de sortir et de proposer Gosu à tout le monde. Malheureusement, le jeu est complexe, difficile à appréhender, et extrêmement punitif. Les tours infinis que peuvent prendre vos adversaires vous donneront l’impression d’avoir été éliminé jusqu’à la prochaine ronde.

Le fait de pouvoir regarder et réorganiser la défausse à votre convenance fait que vous y passerez parfois un certain temps, ce qui risque de rallonger la durée des parties.

Mais le réel point noir pour moi vient de la pioche commune et du fait que vous en êtes vraiment tributaire, au point où si la carte dont vous avez besoin ne vient pas, ou qu’un adversaire l’a et la garde en main, vous allez parfois avoir toutes les difficultés du monde à repartir sur une nouvelle stratégie, ou simplement à faire quoi que ce soit.

Atypique, original et mal équilibré, Gosu est un jeu prenant que je ne parviens pas à jouer autant que je le souhaite, et notamment parce que je refuse de le jouer à deux joueurs, circonstances dans lesquels je trouve qu’il est beaucoup trop violent.

Pour conclure : le Comboteur aime Gosu, mais à partir de trois joueurs, et lui attribue une note de

6/10

 

Gosu et les images d'illustration de cet article sont la propriété de Moonster Games Asia.
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