Boss Monster – Crush those puny heroes !

I – Présentation


Fiche descriptive
Nombre de joueurs : 2-4
Durée : 30 minutes
Mécaniques : Gestion de main, enchères, combos
Format de cartes : 63x88mm. Je conseille des pochettes avec dos transparent

Boss Monster est un jeu de cartes paru en 2013, suite à un Kickstarter lancé par les frères O’Neal et édité par leur compagnie Brotherwise Games, dont c’est le premier jeu. Il a donné lieu à une mini-extension, Tools Of Hero-Kind, à une “nouvelle saison”, The Next Level, et quelques petites extensions sont aussi en préparation. Le jeu n’existe pas en Français.

Dans Boss Monster, vous êtes… Un boss. Vous savez, ces horribles monstres géants de fin de niveau dont vous avez passé des heures à apprendre les patterns avant de pouvoir tous les éviter avec expertise pour pouvoir mieux les pourfendre et enfin ne plus rencontrer cet horrible écran de Game Over !
A vous désormais les délices de la victoire et le plaisir d’écraser des aventuriers !

Dans ce jeu aux graphismes pixelisés inspirés par les jeux de Nes et de Master System, votre rôle en tant que boss est d’être le premier, dans une compétition avec vos homologues, à récolter dix âmes, tout en recevant moins de cinq blessures, douloureusement administrées par les héros qui auraient survécu à votre rencontre.

Vous allez pour cela construire votre antre avec de beaux trésors rutilants qui y attireront les héros de la ville la plus proche, mais qui constitueront autant de dangers permettant de vous attribuer des pouvoirs, et surtout d’occire vos visiteurs.

Ou, si vous ne vous sentez pas suffisamment en confiance pour vaincre des aventuriers, vous pouvez faire en sorte qu’ils aillent tabasser vos monstrueux collègues ?

En effet, dans Boss Monster, vous gagnez si, à la fin d’un tour, vous avec collecté dix âmes. Mais vous perdez si vous avez reçu cinq blessures ! Et ce, quel que soit le nombre d’âmes que vous avez obtenu ! Faire en sorte que tous ses petits concurrents soient pourfendus est donc une stratégie tout à fait viable.

II – Le gameplay

1-Le matériel

Il y a quatre types de cartes dans Boss Monster, toutes constituant un deck séparé.

Les bosses

Chacun reçoit un boss aléatoire au début de la partie. Il comporte un symbole de trésor (j’y reviendrai), un niveau d’XP, qui permet de déterminer qui sera le premier joueur, et un effet spécial qui se déclenchera au moment où vous construirez votre cinquième salle.

Les héros

Ils sont vos principaux antagonistes. Ou vos alliés si vous choisissez de faire mourir les autres monstres !
Il en existe deux types : les héros normaux. Ils ont entre 4 et 8 points de vie.

Les héros épiques ont entre 11 et 13 points de vie et apparaissent quand le deck de héros est épuisé. Ils font deux blessures, mais rapportent deux âmes.
Les héros sont attirés par quatre types de trésors différents :
L’épée. Les défis de force attirent les guerriers
Le livre. La sagesse attire les mages
L’ankh. Les clercs cherchent à purifier les créatures du mal
La bourse. Quel voleur résisterait à de tels trésors ?

Les salles

Les salles contiennent un ou plusieurs trésors qui attireront des héros, des effets qui se déclenchent selon certaines circonstances, et infligent des dégâts aux héros qui y entrent. On distingue les salles de monstre, et les salles de piège, ainsi que les salles de base, et les salles avancées, qui ne peuvent être construites que si certains critères sont remplis. Votre donjon ne peut pas excéder cinq salles. Si cela arrive, il faudra construire la prochaine au dessus d’une salle déjà existante.

Les sorts

Extrêmement puissants, les sorts permettent de retourner la partie de bien des façons, soit en venant à bout de héros bien trop forts pour vous, soit en annulant les effets des salles de vos adversaires, ou de bien d’autres façons encore. Mais obtenir cette puissance n’est pas à la portée de tous, et il vous faudra souvent sacrifier la puissance de votre donjon si vous souhaitez vous baser sur les sorts, prenant ainsi le risque de vous faire distancer par les autres bosses !

2-Le déroulement du jeu

Au début du jeu, chaque joueur reçoit une carte de boss qu’il révèle, cinq cartes de salles et deux cartes de sorts qui constituent sa main. Il se défausse alors de deux cartes de son choix, des types de son choix.

Ensuite, pour le premier tour, en attendant l’arrivée des héros, chaque joueur peut construire une salle.

Au deuxième tour, on révèle autant de héros que de joueurs. Chaque joueur pioche ensuite une salle et peut construire. Il peut jouer un ou plusieurs sort(s).

On regarde les héros qui sont en ville, et l’on détermine dans quels donjons ils se rendent pour vivre leurs épiques aventures ! Si un héros est attiré par un symbole, et qu’un ou plusieurs joueurs arborent ce symbole dans leur donjon, le héros va chez celui qui présente le plus de symboles de ce type. En cas d’égalité, ou si personne ne dispose de ce symbole, le héros reste en ville.

Les héros parcourent ensuite les donjons, un par un, en commençant par la salle la plus à gauche (on construit les salles de droite à gauche, on les parcourt de gauche à droite). A chaque fois qu’un héros rentre dans une salle, il subit autant de blessures que ce qui est indiqué dans le cœur en bas à gauche de la carte. Les joueurs peuvent jouer des sorts pour faciliter la destruction de l’intrus, ou sa traversée du donjon !

Si le héros subit autant ou plus de blessures qu’il n’a de points de vie, il meurt et le boss du donjon qu’il parcourait gagne son âme. Si le héros parvient jusqu’au boss sans mourir, il lui inflige une blessure !

A la fin du tour, on compte les âmes des joueurs, ainsi que les blessures. Si un boss a cinq blessures, il est éliminé. Puis, si un encore en lice a dix âmes, il remporte la partie. Si plusieurs joueurs ont dix âmes, on soustrait les blessures aux âmes. Celui qui a le plus d’âmes gagne. En cas d’égalité, ils gagnent tous les deux ou trois ou quatre. Si un joueur est seul encore en vie, il gagne.

S’il n’y a pas de gagnant, on commence un nouveau tour. Si la pile de héros est épuisée, on révèle les héros épiques. Si la pile de héros épiques est épuisée, aucun nouveau héros n’est révélé.

III – Pourquoi c’est bien (ou pas)

Pour :
Boss Monster est thématique ! Le thème est très bien retranscrit, que ce soit dans le style artistique ou dans le gameplay. On ressent la difficulté de survivre aux assauts des héros lors des premiers tours, et on prend un plaisir vicieux à embêter ses adversaires à coups de cartes et de sorts.
Boss Monster est rapide ! Une fois que l’on connaît un peu le jeu, on enchaîne les parties sans temps morts, tous les joueurs jouant simultanément. Et c’est terminé en une trentaine de minutes. De quoi rapidement en faire une deuxième !
Boss Monster est versatile ! Accueillant aussi bien un nouveau joueur que quelqu’un d’expérimenté, le jeu propose plusieurs orientations. Que vous souhaitiez attirer et détruire le plus grand nombre de héros, contrôler la partie à coups de sorts, enquiquiner tout le monde, ou construire un grand donjon que vous ferez s’écrouler sur une dizaine de héros en un seul tour,  tout est permis !

Contre :
Boss Monster n’est pas francophone ! Donc sortez vos dictionnaires.
Boss Monster n’est pas toujours équilibré ! Après plus d’une dizaine de parties, à deux, trois et quatre, soyons clairs : les sorts sont surpuissants. Chaque partie que je gagne, ou presque, l’est alors que je n’ai construit que très peu de salles, mais que j’ai pioché un grand nombre de sorts, que je peux faire défausser mes adversaires, contrecarrer leurs plans, piocher du sort en masse. Le problème de cette stratégie étant que les sorts sont très difficiles à récupérer et que vous pouvez avoir l’impression de ne rien faire pendant 90% de la partie, n’appréciant le fruit de votre stratégie que sur les deux derniers tours.
Boss Monster est aléatoire ! Piochez autant que vous le voudrez, la pioche est commune, et si la carte dont vous avez besoin ne vient pas, elle ne viendra pas ! Il faudra donc s’avoir s’adapter, et vite.

IV – L’avis du Comboteur Fou

Boss Monster est un jeu qu’il peut être intéressant de sortir pour attirer l’œil de vos amis fous de jeux vidéos, et les initier au jeu de société. C’est aussi un jeu qui se veut fun mais qui peut être extrêmement frustrant dans la mesure où votre plan de jeu ne mènera à rien si la pioche ne joue pas en votre faveur.

Le jeu a un côté take that qui peut être très prononcé en fonction des joueurs que vous affrontez, et, même si cela ne m’est pas arrivé jusqu’à présent, le côté élimination directe peut déranger.

Côté équilibrage, les sorts sont très puissants. Trop puissants. Et trop difficiles à obtenir.

Attirer des héros marquera probablement votre arrêt de mort si un de vos adversaires s’oriente sur les sorts. Votre adversaire, lui, passera probablement ses tours à attendre de vous finir lorsque vous aurez attiré suffisamment de héros, ce qui rendra, à l’exception du dernier tour, sa partie assez monotone.

La distribution des boss est également inégale, dans le sens où certains sont tout simplement trop forts par rapport à d’autres.

Pour conclure : le Comboteur est déçu par Boss Monster. Trop aléatoire, trop peu équilibré, le jeu décore maintenant mon classeur avec sa suite et son extension. Le Comboteur lui attribue la note de

4/10

 

Boss Monster et les illustrations de cet article sont la propriété de Brotherwise Games.
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